Une inspection de la Santé Nationale viendra vérifier chez vous votre manière d'alimenter votre enfant.

L’Éducation Nationale inspecte les parents pour vérifier l’évolution des apprentissages cognitifs des enfants. Et pourquoi pas La Santé Nationale qui vérifierait l’évolution biologique des enfants ?!

Imaginons

Il y aurait un Socle Commun de Santé et Nutrition. La référence nationale avec des paliers d’acquisition à la fin de chaque cycle. Ce programme pré-défini par l’État cadrerait d’une part les apports annuels en protéines, glucides, lipides, minéraux, vitamines etc, et d’autre part l’évolution du poids et de la taille des différentes partie du corps. Tous les parents seraient soumis à la loi sur “l’Alimentation obligatoire”. Chaque année, un Inspecteur de la Santé Nationale serait mandaté par l’État pour s’assurer que les parents donnent accès correctement à l’Alimentation à leur enfant et ne les maintiennent pas dans un état de malnutrition.

Il les convoquerait donc pour un entretien :

« Bonjour, je suis l’inspecteur de la Santé Nationale. Je viens vérifier la conformité de l’Alimentation donnée à votre enfant avec le Socle Commun de Santé et Nutrition.
Qui prend en charge cette nutrition ? Quels sont les moyens mis en oeuvre pour cela ?
Combien de repas par jour faites-vous avec lui ? Dans quel contexte et à quelle heure ? Quels sont vos menus ? »

Si certains aliments n’étaient pas encore introduits ou pas appréciés de l’enfant, il pourrait exiger d’imposer des repas assis et en silence pour l’inciter à entrer dans ces consommations. Il pourrait aussi recommander fortement de petits jeux ludiques pour rendre les repas festifs ou au contraire plus de fermeté avec des règles strictes comme la non sortie de table tant que le repas n’est pas terminé.

Pendant cet entretien, notre enfant, lui, passerait des test sanguins et une batterie de mesures. Les objectifs seraient d’évaluer d’un côté les différents taux en protéine, lipides, glucides et autres et d’un autre côté l’évolution du développement corporelle. Au regard du Socle Commun de Santé et Nutrition, l’évaluateur estimerait son niveau par rapport à la norme nationale.

« Il est en retard, il doit prendre du poids et se muscler. Vous devez systématiquement faire trois à quatre repas par jour et arrêter l’allaitement. Sa courbe n’évolue pas assez vite. Aussi, Son taux de protéine est largement en deçà du niveau attendu à son âge! Vous devez lui proposer des menus avec protéine animale à chaque repas à partir de maintenant. Et stopper toute sucrerie! Son taux glycémique est beaucoup trop élevé !
Avis défavorable. Nous nous reverrons dans deux mois pour de nouveaux tests. S’il n’y a pas d’évolution, nous serons dans l’obligation de vous imposer une injonction  d’inscription à la Cantine Nationale. »

Et oui, car il serait question d’un problème de santé publique. Un enfant mal nourri risque d’être plus souvent malade donc coûter davantage au contribuable. Aussi il est susceptible d’être un adulte moins épanoui, moins efficace au travail, moins stable psychologiquement, moins sociable. Bref, les enjeux sont tels qu’il est un devoir de l’État d’en faire une Affaire Nationale.

“Faites Confiance à l’État, Votre Santé est entre Ses Mains !”

La Santé Nationale vous paraît être une idée absurde, improbable ? Une intrusion dans votre vie privée ?

Et l’Éducation Nationale, vous trouvez cela toujours si pertinent et évident ?

L’autrice

Anciennement professeure des écoles, Marjorie Bautista est cofondatrice de l’école Dynamique à Paris 14ème, de l’éco-village de Pourgues et du mouvement Enfance Libre. Elle anime aujourd’hui des formations sur l’éducation et la parentalité au Village de Pourgues.

Marjorie Bautista